La plus répandue est l'arrêt au bout de dix jours. La personne ne sent rien, conclut que le produit ne marche pas et range la boîte dans un tiroir. Avec des extraits végétaux, dix jours ne prouvent rien, ni dans un sens ni dans l'autre. C'est la raison pour laquelle le conseiller propose une durée dès l'appel : pour que la décision d'arrêter soit prise à un moment où elle a du sens.
La deuxième est la prise irrégulière. Trois gélules cette semaine, une la suivante, rien pendant les vacances. Une cure discontinue revient à ne rien prendre du tout, avec la dépense en plus. Si vous savez que vous oublierez, posez la boîte à côté de la cafetière plutôt que dans l'armoire à pharmacie.
La troisième est le cumul silencieux. Beaucoup de personnes prennent déjà un complément « circulation » ou « mémoire » contenant du ginkgo, parfois depuis des mois, sans y penser. Aurivit en apporte déjà 240 mg par jour : additionner une seconde source fait sortir du haut de la fourchette étudiée, sans rien apporter, et complique la lecture des effets. Relisez les étiquettes de ce que vous avez chez vous avant de commencer.
La quatrième concerne la vitamine A, et elle passe presque toujours inaperçue. Deux gélules couvrent déjà la référence journalière ; y ajouter un complexe multivitaminé ou une cure de rétinol fait grimper un apport qui, contrairement à celui de la B2, s'accumule dans le foie. Pendant la grossesse, le rétinol à forte dose est contre-indiqué, ce qui explique la mention de l'étiquette.
La quatrième est plus insidieuse : reporter le rendez-vous ORL parce qu'une cure est en cours. Une boîte de gélules ne fait pas d'audiométrie et ne repère pas une surdité brusque. Les deux démarches se mènent en parallèle, jamais l'une à la place de l'autre.
Enfin, la conservation. La boîte se garde à l'abri de la lumière, de l'humidité et de la chaleur — donc pas sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, ni dans la salle de bains. Bien refermée, à température ambiante, dans un placard : c'est suffisant.